Le système AMAP

Dernier ajout : 15 juillet 2016.

Pourquoi créer et s’engager dans une AMAP ? Qu’est-ce qu’une AMAP ?

Qu’est-ce qu’une AMAP ?

Mardi 21 avril 2009, par Animateur du réseau régional // 01. Le système AMAP

Une Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne se réfère à une charte nationale. Elle correspond à un esprit qui se décline en principes et règles de fonctionnement... avec des souplesses possibles : chaque AMAP est unique mais toutes ont un socle commun que constitue la Charte Nationale des AMAP.

Pourquoi créer et adhérer à une AMAP ?

On peut intégrer un système AMAP parce qu’il offre un certain nombre d’avantages :

- pour les consommateurs : avoir l’assurance d’accéder régulièrement à des légumes, voire des fruits, des laitages, de la viande... produits sans pesticides ni engrais de synthèse, de manière "naturelle", même s’ils ne sont pas toujours labellisés AB. Il s’agit bien d’un circuit court et l’absence d’intermédiaire devrait aboutir à un prix plus "juste". La discussion du rapport quantité-qualité-prix au sein de l’AMAP (groupe de consommateurs et producteur) doit également permettre une meilleur maîtrise de l’échange de part et d’autre.

- pour les producteurs : avoir l’assurance d’écouler leur production et, par le biais du pré-paiement de la récolte, de pouvoir compter sur un revenu régulier... et "décent". La notion de "revenu décent", c’est-à-dire "juste" par rapport au travail fourni, est en effet une clef de voute de ce système où consommateurs et producteur doivent trouver un accord sur la "justesse du rapport travail-revenu" et s’inquiéter concrètement de la viabilité de l’accord trouvé au regard de ce que vit le producteur.

Beaucoup d’avantages donc dans ce système : des produits frais, de qualité, sans pesticides, à un prix abordable ; des rencontres sympathiques et enrichissantes ; le ré-apprentissage de comment est produit ce qui compose nos assiettes... MAIS s’engager dans un système AMAP a un sens beaucoup plus large :

L’engagement nous sort effectivement de l’individualisme "self-service" et "chacun pour soi". Il permet ainsi de participer au maintien et à l’installation de petites structures agricoles respectueuses de l’environnement, alors que le nombre de paysans ne cessent de diminuer en France comme ailleurs [1] La Charte des AMAP se réfère aux 10 principes de l’Agriculture Paysanne. [2] Cela signifie que les petites structures agricoles en question vont vers plus d’autonomie, avec une vision globale du système d’exploitation, et avec le souci de participer à la vie et à l’équilibre des territoires, ainsi qu’au maintien de leur souveraineté alimentaire.

Au-delà des premiers avantages, participer à une AMAP, c’est s’inscrire dans :
- une relocalisation de l’économie et le maintien d’une agriculture vivrière près de chez soi
- la recréation d’un environnement économique mieux maîtrisé,
- la diminution des coûts de transport (financiers, énergétiques...),
- la création de conditions favorables à la réémergence de l’envie d’installation chez les jeunes. Nous pouvons même aller jusqu’à penser le système AMAP comme participant de ce sens de la responsabilité qui vise la souveraineté alimentaire et énergétique partout dans le monde.


Qu’est-ce qu’une AMAP ?

Les AMAP se sont créées en France sur des modèles qui existaient déjà dans d’autres pays (USA, Canada, etc.), eux-mêmes inspirés des Teikei japonais.

Il s’agit d’un système basé sur l’engagement mutuel d’un producteur et de consommateurs organisés en association loi 1901 (de fait ou déclarée en préfecture). C’est donc une forme de vente directe.

Chaque adhérent de l’AMAP signe un contrat avec le producteur pour une durée de 6 mois ou 1 an et paye à l’avance une partie de la récolte. En contrepartie, le producteur s’engage à produire sans pesticide ni engrais de synthèse, dans le respect de la charte de l’agriculture paysanne, et à livrer cette récolte sous forme de « paniers » chaque semaine (ou à une autre fréquence en fonction du type de production). Les adhérents sont solidaires des aléas de la récolte : suivant les saisons ou les années, les paniers seront plus ou moins importants sans incidence sur le prix. Ils s’engagent également à organiser à tour de rôle les livraisons avec le producteur. Dans un esprit de solidarité, de convivialité, de transparence et de compréhension, il est fortement souhaitable que chacun puisse venir apporter son aide ponctuelle sur le lieu de production, lors de chantiers collectifs... Les paiements peuvent être étalés (les chèques peuvent être retirés mois par mois).

Le choix des variétés à cultiver ainsi que le prix du panier sont discutés régulièrement entre les deux parties, dans un souci d’équité. Pour assurer au producteur un revenu et un temps de travail décents, on discute de ce qui semble « juste » au regard des situations de chacun. Les rencontres sont très importantes, lors de réunions et sur les lieux de production pour qu’une compréhension réciproque s’instaure ; le maître mot étant la confiance... à entretenir.

Beaucoup d’AMAPs démarrent sur la base d’un contrat avec un maraîcher. Le panier comporte généralement en moyenne 5 variétés de légumes et une quantité pouvant nourrir une famille avec deux enfants. Des contrats avec d’autres producteurs sont possibles (fruits, laitages, pain, etc.).

La livraison a lieu en un point fixe, avec des horaires limités (elle peut durer 1h, 2h...). Il faut donc une certaine disponibilité pour entrer dans ce système, ou des relais dans la famille, les amis, les voisins.

Pour faciliter l’accès aux personnes à faibles revenus, plusieurs systèmes basés sur la solidarité sont déjà à l’œuvre un peu partout en France :
- aide du département via les CCAS (comme cela se pratique déjà pour les Biocabas dans le Nord),
- système de barèmes selon le revenu (différents niveaux de prix de panier selon le revenu de chaque adhérent, au bon vouloir et en comptant sur la bonne foi de chacun : encore une question de confiance),
- sans doute d’autres expériences qu’une mise en réseau nationale permettra de mutualiser
- et tout ce qu’il nous reste à inventer.

Pour allez plus loin  : www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-les-amap-2-2011-11-05

[1] Une moyenne de 150 fermes par semaine disparaissent en France. Soit une baisse de 50% de 1988 à 2007. 60 000 ha de SAU (Surface Agricole Utile) disparaissent chaque année par artificialisation, soit 160 ha par jour, soit la surface d’un département moyen tous les 10 ans. Source : FNSAFER (transmission par Léo Coutellec, Alliance PEC Rhône-Alpes)

[2] Qui figurent dans la Charte de l’Agriculture Paysanne.

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