Des nouvelles des AMAPs de la région. Mai-Juin 2009
Vendredi 3 juillet 2009, par // 6. Evolutions en région
Chantier chez le couple Vanpouille, à Robecq, le 10 mai 2009
Visite chez Cédric Pouillaude, près de Bapaume
Visite à l’AMAP du Cojeul - Boileux-Saint-Marc (sous Arras)
Accompagnement d’un projet d’AMAP sur Béthune… ou comment conforter des emplois en agriculture Biologique
Visite chez les producteurs de l’AMAP Champ Libre à Verquin
Rencontre des producteurs et des amapiens de l’AMAP du Favril
Les débuts de l’AMAP du Quercitain
A Tressin, une AMAP est née
Réunion de l’AMAP Le panier de Marie-Groëtte à Bruay avec son producteur
Chantier chez le couple Vanpouille, à Robecq, le 10 mai 2009

Gilbert et Martine Vanpouille sont les fournisseurs depuis fin Mai de l’AMAP d’Angres. Ils s’installent sur 1 ha 40, dont 1ha en maraîchage, 1 500 m2 labourés pour les pommes de terre, de l’herbe pour des chèvres (lait), des oies et quelques moutons (pas pour la vente), et du verger. Martine Vanpouille a un travail à l’extérieur. Ils tentent de récupérer des terres familiales qui constituent environ 4 ha.
Cette AMAP soutient leur installation par le biais du pré-paiement, de chantiers (arbres à couper, montage d’une serre, pose de clôtures), avec la mobilisation du système Cigales pour l’aide à l’investissement. 31 familles sont inscrites pour recevoir un panier et d’autres sont en liste d’attente.
Le premier panier est arrivé plus tôt que prévu et était constitué de salade, radis, menthe, épinards et de jus de pommes.
Ce chantier du 10 mai était axé sur la pose d’une clôture autour du l’espace maraîcher, afin que les bêtes puissent paître sur les pourtours enherbés. D’autres agriculteurs solidaires, des salariés d’AVENIR et quelques amapiens d’Angres étaient présents (vous trouverez donc des photos sur le site de l’AMAP d’Angres http://amap.angres.free.fr). Le soleil étant de la partie, ce fut un moment agréable... sans compter le pique-nique bien fourni du midi ; tout cela en regardant de coin l’épandage de pesticides qui se faisait là-bas, « de l’autre côté », derrière la barrière d’arbres. Car heureusement, le site de production du couple Vanpouille est entouré d’arbres, ce qui lui donne des allures de « camp retranché », comme celui des gaulois d’Astérix au milieu des champs arrosés d’apports chimiques !
Bon courage à eux... aussi dans leur travail « éducatif » auprès de tous ces voisins qui les considèrent comme des utopistes et ne veulent pas entendre parler de Bio.
Visite chez Cédric Pouillaude, près de Bapaume
Une stagiaire travaillant chez lui nous avait contactés pour nous proposer une AMAP Œufs, ou un contrat en complément d’une AMAP. Le problème est que les maraîchers en AMAP proposent le plus souvent des œufs... et puis Cédric se trouve implanté près de Bapaume. C’est loin par rapport aux AMAP et projets d’AMAP existants. Pour autant, un système proche des AMAP (système de paniers à la commande par exemple) l’intéresserait car il produit également des légumes... en biodynamie = pulvérisation de jus Bio avec huiles essentielles, travail sur l’équilibre bio-électrique de la terre (laboratoire à Beauvais)... Cédric s’est formé pour cela et est resté rattaché ainsi à l’association de recherche ARCHE, dans le Pas-de-Calais. Cédric développe actuellement les cultures légumières : 9ha7 de maraîchage (quelques petites serres), avec des pommes de terre, du blé, du triticale, du sarrasin et des féveroles, des racines d’endives et de la jachère. A cela viennent se rajouter 1ha5 de pâtures pour les poules.
Cédric était en GAEC familial. Installé depuis 1998, il s’est converti au Bio depuis 2002 et fait du maraîchage depuis 2004. Il vend sa production légumière sur un marché de Cambrai et à un grossiste-fournisseur Bio. Il a un point de vente à la ferme. Mais il a surtout 2700 poules, en contrat avec Cocorette Bio. Ce système intégré, Cédric en a fait les frais avec une autre marque : le prix de la nourriture a augmenté et le prix de vente a baissé = une année « pour rien ». Il réessaie cette année… Il vend des œufs en direct mais il ne lui est pas possible de vendre à un fournisseur Bio ou à un magasin Bio car il n’a pas les moyens de conditionner sa marchandise.
Actuellement, Cédric produit des salades, des poireaux, des oignons, des épinards, des choux, des PdT, des poireaux, des céleris... Dans ses serres, il fait des tomates, des courges, des potirons, des concombres, des poivrons, des herbes aromatiques... Mais ses serres sont trop petites et menacées par le vent. Il fait donc pousser des rangs de topinambours qui devraient également les protéger (il a aussi un débouché). Il estime produire de 20 à 30 légumes de saison... Cependant, même avec l’aide d’un ouvrier agricole (en particulier sur les poules et pas toute l’année), il a bien du mal à faire face à tout ce travail ; 40% de son temps étant pris par l’administratif ! Et puis il y a les lièvres... comme partout ailleurs, qui aiment particulièrement le Bio !!!
Il vend sur les marchés et dans des Biocoops de Picardie, mais aimerait vendre sur Arras (pas de Biocoop ?). Alors, pourquoi pas une AMAP ?... à suivre.
Visite à l’AMAP du Cojeul - Boileux-Saint-Marc (sous Arras)

Nous sommes en Mai 2009 et Jean-Marie Honoret a commencé à travailler sur le site en Août 2008. C’est Stéphane Leignez, fraîchement président de l’AMAP et conseiller municipal qui m’amène sur le terrain, à la rencontre d’une personnalité : M. Honoret... accompagné de son fils Christophe, et ce jour, de son beau-fils. On suit la petite rivière. Autour ce ne sont que grandes cultures en conventionnel. Nous enjambons une haie naissante. Au milieu, une pâture défrichée, un petit bois laissé avec des haies naturelles (« déjà là ») vis-à-vis des champs d’à côté, le creusement qui accueillera une mare, un bout de terrain labouré. On passe le ruisseau « Le Cojeul » et nous voilà plus près du village, là où se trouve une bonne part de la terre maraîchère, quelques arbres fruitiers et le futur emplacement d’un local technique pour les outils... où M. Honoret, ancien boulanger, compte bien insister pour avoir le droit de construire un four à pain. Ils sont là, lui et les plus jeunes, à travailler sur ce bout de terre qui nourrira l’AMAP locale. Ce qui frappe dès l’arrivée sur les lieux, c’est ce mobile home. Histoire : M. Honoret s’est installé il y a presqu’un an... avec sa tente ; et ceci jusqu’en décembre ! En insistant, il a eu accès en décembre à un mobile home. La mairie avait dès le départ donné accès aux toilettes et lavabos de l’école. Des conditions de vie et de travail qu’on a du mal à envisager, mais le bonhomme est résistant... en tout.
Le projet de départ n’était pas seulement axé sur le maraîchage. Il reste d’aménager un espace consacré à « la nature », avec mare, ruche, boisements, le tout axé sur la pédagogie de l’environnement et l’inscription dans la trame verte et bleue (zone verte en bordure de rivière). Ce baroudeur n’a pas été que boulanger. Il est militant et jardinier de longue date. Il tient à faire du maraîchage sur une partie du terrain. Lors de la rencontre, il envisageait de commencer la livraison de paniers vers la fin de l’été 2009, à raison d’une 10aine de paniers pour commencer, espérant pouvoir en fournir par la suite 35 à 40. Le tout en Bio. En fait, la première livraison a eu lieu le 11 juillet 2009.
L’une des particularités de ce projet est donc qu’il n’est pas entièrement agricole et qu’il s’inscrit dans un cadre institutionnel fort : tout se négocie avec la CCSA (Communauté de Communes du Sud Arrageois), porteuse du projet d’aménagement. Ce qui signifie évidemment des procédures et autres « lourdeurs administratives », surtout pour quelqu’un qui aime « aller droit au but ». Ainsi l’arrivée en dernière minute de plants réclamés, et en plus grande quantité que prévu, a compliqué la mobilisation des amapiens pour un chantier ; malgré tout plusieurs sont venus prêter main forte.
M. Honoret est prestataire de service et doit donc fournir des factures et autres papiers en bon et due forme. En Mai 2009, il n’avait touché que... son RMI. Heureusement, lui et son fils (ainsi que la fourgonnette) sont assurés. M. Honoret est suivi par la couveuse « A petits pas » à Ruisseauville. M. Leignez, président de l’AMAP du Cojeul, un mois plus tard : « afin de débloquer la situation de M. Honoret, l’AMAP a contacté la CCSA, M. Tredez chargé du dossier, l’association « A petits pas » et sa couveuse d’activités « La chrysalide » : fin juin 2009, une partie des crédits a été débloquée... ».
D’ici l’automne, M. Honoré et sa famille devraient accéder à une maison en construction à Croisilles. Une aventure originale commence à Boileux-Saint-Marc.
Accompagnement d’un projet d’AMAP sur Béthune
… ou comment conforter des emplois en agriculture Biologique.
Mme Bridoux, citoyenne béthunoise contacte, il y a quelques mois, la correspondante d’AVENIR pour les AMAP. Elle désire intégrer ce système. Elle rencontre sur le marché Mme Soudan, agricultrice qui vend ses légumes Bio et lui propose la formule. Le 9 juin dernier, AVENIR se rend à une première rencontre entre les deux intéressées sur la ferme Soudan. Voici comment l’agricultrice présente sa démarche d’exploitation et son intérêt pour le système AMAP :
« L’EARL SOUDAN est une exploitation agricole qui se situe au nord de Béthune à Beuvry le Hamel, donc en zone périurbaine. Cette exploitation exerce son activité depuis 25 ans sur une surface totale de 51 ha. L’objectif des agriculteurs en place est d’exploiter toutes les possibilités de leur ferme, afin qu’elle résiste à la nécessité environnante d’agrandissement foncier.
On y trouve donc :
Un élevage de poules pondeuses bio permettant de réhabiliter une ancienne porcherie
Des studios étudiants (Campus Vert) pour favoriser les échanges ville-campagne et utiliser certains bâtiments non adaptés à l’agriculture d’aujourd’hui.
10 ha ont été reconvertis en biologique peu à peu. On y trouve des céréales fournies au fabriquant d’aliments volailles bio ; le reste est réservé aux PdT et légumes bio vendus sur les marchés ou au point de vente à la ferme. Un grossiste achète les excédents.
Le reste des surfaces est composé de céréales, betteraves sucrières et pommes de terre en contrat en agriculture raisonnée.
Pour développer le bio, des investissements importants ont été nécessaires :
Investissement dans des serres pour avoir des productions plus hâtives, mais aussi pour avoir une qualité de travail supérieure (protection des cultures contre pollution, maladie et prédateurs)
Création d’un forage sur l’exploitation pour amener l’eau dans le champ de légumes.
Le travail dans la production légumière bio est important ; il faut embaucher, mais pour pérenniser un emploi, il faut trouver l’assurance de pouvoir vendre correctement les productions tout en responsabilisant les salariés qui œuvrent avec nous. C’est ainsi que la famille Soudan a répondu favorablement à la proposition de Mme Bridoux, qui souhaitait sensibiliser les consommateurs du Béthunois à la création d’une AMAP. Pour les Soudan – dont le fils a rejoint l’exploitation sur les productions légumières Bio - et leurs 2 employés à temps partiel, ce projet semble correspondre à l’esprit de développement durable - démarche engagée sur l’exploitation dans les années antérieures - et respecter l’idée d’agriculture paysanne ».
Le 30 juin dernier a lieu dans les bâtiments de La Charité à Béthune, une première rencontre d’une 10aine de personnes intéressées (réunion de dernière minute avant les vacances) avec Mme Soudan et Juliette Gauthier, ouvrière agricole. Après la projection d’un extrait du film « Le paysan, le consommateur et l’AMAP » (d’ATTAC Var), la discussion s’engage sur les attentes et les possibilités des uns et des autres. La clarification de la démarche AMAP est bien sûr au centre des échanges. Une ancienne amapienne des Weppes habitant aujourd’hui Béthune témoigne également. Mme Soudan a fait un tableau de la diversité de ses productions légumières sur l’année. Quelqu’un propose son garage comme lieu de livraison… Chacun en parle autour de soi et on se revoit à la rentrée pour envisager la création de cette AMAP, les implications et l’organisation que cela suppose.
Visite chez les producteurs de l’AMAP Champ Libre à Verquin
19 paniers et 8 demi-paniers, livrés sur le point de vente de la ferme. Voici une petite AMAP, que l’on peut qualifier « de village » ? Le reste de la production est commercialisé en direct sur ce même point de vente... « Le reste », car la priorité est donnée à l’AMAP (pré-paiement oblige). Josette Baudrin et Jacques Château sont en maraîchage, sur 4 ha... dont monsieur s’occupe en plus de son mi-temps d’ouvrier agricole à la ferme Soudan. On comprend qu’il sera difficile dans ces conditions (rapport surface / temps de travail à y consacrer) de se passer d’herbicides... Pourtant, un seul traitement sur les pommes de terre et de l’engrais organique pour le tout. Deux chantiers ont déjà eu lieu ; le deuxième les 13 et 14 juin où 4 à 5 amapiens se sont répartis sur l’ensemble du WE.
Rencontre des producteurs et des amapiens de l’AMAP du Favril

Celle-ci a été créée à l’initiative de ses producteurs : Annette et André Ankière, avec le relais d’adhérents qui se sont structurés. Ces anciens producteurs de fromage de chèvre ont vendu leur ferme et sont venus s’installer dans ce joli coin de l’Avesnois, avec 2000 m2 de maraîchage Bio entièrement consacrés aux 21 paniers de l’AMAP, et des moutons Bio vendus au détail, à la ferme. C’est donc une petite AMAP, une « AMAP de village », qui ne pense pas se développer mais qui s’implique dans une dynamique locale : Le voisin est maraîcher également, un autre – qui adhère à l’AMAP – fait du fromage de chèvre et en livre lors des distributions. L’idée d’André Ankière est de redonner le goût du jardinage sans pesticides ni engrais de synthèse. Aussi, il est heureux quand un amapien vient lui dire : « je ne réadhère pas car ça y est, je suis autonome avec mon jardin ». La liste d’attente est là pour le remplacer ». Lorsqu’il y a du surplus, Annette Ankière fait des confitures, des conserves de tomates (coulis et autres) et des soupes stérilisées, des cornichons et autres pickles... qu’elle met dans les paniers lors des périodes plus creuses. « L’an dernier, on a eu trop de carottes. Et bien, le samedi matin on a proposé de les laver, et puis avec des pommes et des betteraves rouges on est allé presser tout cela et on s’est partagé le jus avec les amapiens ».
L’AMAP est à l’origine de la projection du film « Bio attitude sans béatitude », qui a rassemblé 50 personnes dans la salle des fêtes du Favril. Le 3 juillet, après la distribution des paniers, il est prévu une visite de la ferme, avec une remorque tapissée de paille pour les gamins, des guirlandes sous le hangar et des jeux anciens. Une petite fête quoi !
Les débuts de l’AMAP du Quercitain
J’assiste à l’une des premières livraisons de l’AMAP du Quercitain par Mathieu Parent de Maing (premiers paniers livrés le 15 Mai 2009). Mathieu est installé depuis fort peu de temps, en GAEC Bio avec son père et son oncle. Ils ont plusieurs modes de commercialisation (marchés, magasins, point de vente à la ferme, AMAP...). Mathieu estime que son installation a été grandement facilitée par la perspective de sécurité qu’offrait l’AMAP.
Cette livraison a lieu dans le local de l’association « Les sens du Goût », sur la place principale de Le Quesnoy. Pour l’instant, elle débute avec 21 paniers (1 grand à 15 € et 20 petits à 10 €). Il n’existe pas encore de liste d’attente formelle mais les demandes ne manquent pas... notamment d’habitants de Valenciennes et environs. Ce moment de distribution est l’occasion pour évoquer le prochain chantier – visite de ferme. Ce sera le premier... Après coup : « notre premier chantier s’est très bien passé, dans une ambiance conviviale, presque familiale. Chacun a pu s’exprimer. La satisfaction semble générale avec des idées pour améliorer les choses » (Bertrand Follet, membre de l’Instance Décisionnelle de l’AMAP).
Dans le Quercitain, les deux AMAP, avec l’appui de Terre de Liens, ne désarment pas de trouver de la terre pour y installer un maraîcher près du Quesnoy. Un Groupe local Terre de Liens vient d’être créé ici et il tente de repérer les terres communales ainsi que les cédants potentiels : plusieurs agriculteurs vont bientôt prendre leur retraite. Parallèlement se pose la question cruciale de trouver des porteurs de projet d’installation, pas forcément en maraîchage.
A Tressin, une AMAP est née
Reprise du communiqué du Comité de Pilotage « AMAP Val de Marque » et commentaire :
« Ils l’ont dit…ils l’ont fait : avec une volonté ferme et partant de rien, un Comité de Pilotage, constitué de conseillers municipaux de Tressin et Villeneuve d’Ascq, d’associations telles que « Défense Tressin Nature » et AVENIR, a réussi à fédérer l’espoir, l’attente et l’envie de familles désireuses d’alimentation saine, de solidarité avec le monde paysan et d’une autre façon de vivre. Pour concrétiser ces perspectives, a été créée, une première A.M.A.P. sur le territoire du Val de Marque. L’assemblée générale de la nouvelle association s’est tenue ce dimanche 28 juin dans la salle d’activités de la commune de Tressin. Du regroupement à l’automne 2008 de tressinoises et tressinois désireux de promouvoir une alimentation saine, de préserver les terres agricoles, de favoriser la solidarité, a germé l’idée de créer une (ou des) A.M.A.P. (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) et d’implanter un producteur maraîcher paysan sur une partie des terres agricoles de Tressin. Une première réunion d’information le 13 janvier avec une quarantaine de participants, suivie le 13 février d’une réunion publique et ce sont près de 80 familles supplémentaires qui se déclarent intéressées. Depuis, un blog sur internet « amapdetressin.unblog.fr », de multiples contacts et au final, une liste de plus de 150 familles. Un simple article dans un journal et ce sont des dizaines d’appels au numéro indiqué. En fait, la démonstration d’un engouement certain, d’une attente indiscutable, pour une production maraîchère sans engrais ni pesticide. Des rencontres avec les élus du secteur et de la Communauté Urbaine, des entretiens avec des producteurs potentiels, peu à peu, le projet se construit. LMCU s’engage pour des terrains dans la Zone dite « du Fort » à Tressin, des « candidats » maraîchers qui se font connaître sur la voie du « bio », il ne restait plus qu’à créer l’A.M.A.P. pour confirmer le potentiel de « consomm’acteurs ». C’est ce qui vient d’être réalisé ce dimanche, en présence d’une grosse trentaine de participants issus d’une soixantaine de « primo-adhérents » confirmés. De cette Assemblée Constitutive, le Conseil d’Administration a été créé, composé de 19 membres. Le chemin est encore long, mais chacun espère vivement que toutes les conditions soient réunies pour que la culture commence au printemps 2010. Rendez-vous est donc pris. Bonne chance à toute l’équipe ».
Sur le territoire Est de la métropole lilloise, cette équipe composée de l’équipe municipale de Tressin, avec l’appui des élus Verts de Villeneuve d’Ascq, a une démarche :
“systémique” : pour éviter de se retrouver face au mur du “c’est pas possible” d’installer un maraîcher car vous n’avez pas de terres disponibles, d’obtenir des terres car vous n’avez pas de maraîcher à installer, ou parce que vous n’avez pas de personnes inscrites comme amapiens potentiels... L’équipe a donc décidé de prendre le projet par tous les bouts en même temps.
par étapes : concertation avec les maires alentour, en organisant des réunions qui permettent de sensibiliser puis d’engager des inscriptions dans la population, en démarchant la LMCU (Communauté Urbaine de Lille Métropole) avec des dossiers complets rendant compte des démarches accomplies, des différents niveaux de projets, des terres et projets d’installation repérés et des inscrits sur la liste d’attente de l’AMAP, en chiffrant et rassemblant toutes les pièces nécessaires...
par niveaux ou échelles de projet : une AMAP autour d’une première installation à Tressin, puis une envie de créer une dynamique AMAP sur le Val de Marque, et enfin avec le projet d’une couveuse pour recréer de la compétence maraîchère « vers le Bio » dans les environs.
Cette démarche est menée dans une idée globale de ce que l’on veut faire du territoire où l’on vit, avec la certitude que les collectivités territoriales ont un pouvoir sur la question de l’aménagement du territoire en vue d’y maintenir une agriculture péri-urbaine vivrière paysanne. De fait, un élu de Tressin va intervenir le 7 Juillet à Arras, dans le cadre de la journée qu’organise le CERDD sur la question du rôle des collectivités territoriales sur le développement des Circuits Courts.
Réunion de l’AMAP Le panier de Marie-Groëtte à Bruay avec son producteur
Un chantier a eu lieu le 17 juin, qui s’est très bien passé. Il a satisfait à la fois le producteur et les amapiens présents : une 15aine en comptant pas mal d’enfants, qui ont passé un bon moment dans « un lieu calme… paradisiaque » (dixit Lisette Sudic, la présidente).
Sylvain Cocquempot reprend son travail de maraîcher après un accident qui l’a obligé à arrêter son activité et l’handicape encore beaucoup. C’est pourquoi il a besoin d’aide. Lors de la réunion provoquée le 29 juin, il a été pris acte du fait qu’il ne percevait pas de revenu, qu’il fallait envisager de redémarrer doucement avec 30 paniers en septembre (ce qui est déjà beaucoup !) et en relevant le prix du panier : Sylvain avait établi des tableaux faisant état de différents scenarii comptables selon les prix de panier envisagés. Il doit également envoyer un calendrier de dates pour que les amapiens viennent l’aider, même pendant cette période estivale sans panier… mais période de reprise particulièrement difficile pour lui, physiquement. Merci à Lucien Petit de l’AMAP d’Angres d’avoir participé à cette réunion à Bruay, en nous faisant profiter de l’expérience et de la réflexion de son AMAP.
La rentrée sera très vite sous le signe de la remobilisation de l’AMAP : le 4 septembre, projection du film « Homo Amapiens » aux Etoiles (Bruay) et le 5 septembre, « tous à la ferme » : chantier et constitution des premiers paniers de la saison. L’association AVENIR est présente aux côtés du producteur et de l’AMAP dans ces moments délicats. Elle a proposé cette projection et l’animation d’un débat (sur équité, solidarité, communication et transparence dans le système AMAP et comment cela peut se traduire concrètement). La question étant : comment se maintient une AMAP dans les moments difficiles ?
Laurence Carré, AVENIR, le 2 juillet 2009