Des nouvelles des AMAP de la région… Premières rencontres Mars-Avril 2009

Vendredi 3 juillet 2009, par Animateur du réseau régional // 6. Evolutions en région

Réunion de création de l’AMAP de Lomme : « Lomme de Terre », le 16 mars 2009
Rencontre de l’AMAP des Moulins du Littoral Nord, le 29 mars 2009 à Pitgam
Fresnes-sur-Escaut (au nord de Valenciennes), le 3 avril 2009
La dynamique autour d’un projet d’AMAP à Tressin
L’AMAP de la Pévèle et le CFPPA de Genech-Lesquin
Par rapport aux questions foncières

Réunion de création de l’AMAP Lomme de Terre, le 16 mars 2009

Le conseil d’administration se présente et les membres fondateurs précisent que « ensuite, tout le monde sera responsable ». Le blog, auquel il est conseillé de s’abonner pour s’échanger des nouvelles, des articles, des recettes, est http://amap.lommedeterre.overblog.com. Chacun a préparé un texte avec l’essentiel de ce qu’il a à dire ; des textes plein de sens. Les producteurs ont préparé pour l’occasion un texte dans lequel se cachent des noms de légumes. Celui ou celle qui repère le nombre de légumes cités gagne un beau vieux panier. La soirée se déroule en 4 temps : présentation des membres actifs dont les producteurs, du système d’engagement et de sa concrétisation au sein de cette AMAP / débat / inscriptions, signature des chèques et contrats / auberge espagnole.

M et Mme Ruhant sont déjà maraîchers à Pérenchies. Ils vendent déjà en direct sur leur ferme et sur 3 marchés dans la semaine. Ils travaillent à deux sur l’exploitation. Ils travaillent sur 3,5 ha, dont 1,5 ha sous tunnels (« pour avoir les premiers légumes plus tôt »). Depuis 2007, ils ne mettent plus d’engrais de synthèse… et « les rendements sont restés à peu près identiques, grâce à l’apport d’engrais organiques ». Ils cultivent sans label Bio et ils réfléchissent avec le Gabnord et Norabio au sujet de la certification : « il faut avoir des semences bio mais c’est 30 à 40% plus cher. Si les semences sont plus chères, on va devoir augmenter les prix et on veut que ça reste accessible à notre clientèle. Donc on veut faire du bio sans label ». La question du droit à la récupération de ses propres semences bio est débattue… « La montée en graine se fait aux alentours de Août, Septembre, et c’est plus de travail ». Ces maraîchers participent aux journées organisées par le Gabnord sur les fermes Bio (ou en conversion) de la région.

La première livraison est prévue le jeudi 16 avril, de 18 à 19h30. « Ça correspond au démarrage de la saison et il y aura donc des radis, de la salade, des épinards, des pissenlits, et des échalotes vertes. Puis viendront les navets bottes, les oignons blancs, les carottes bottes, les petits pois, les fèves, les fraises, la rhubarbe, les premiers haricots verts, les poireaux, les pommes de terre (début juillet)… et les tomates dans 3 mois environ ». Une aide des amapiens est prévue. Ceux-ci s’inscrivent dans un planning de permanences distributions, à raison de 2 adhérents par livraison (présence de 17h45 à 19h30). Le lieu de livraison est une salle municipale dotée d’un parking. Dans cette salle se trouve une armoire avec une balance, une liste des adhérents à cocher… et la salle doit être propre à 19h30.

Les producteurs vont faire une année d’essai à 30 paniers par semaine et comptent ensuite passer à 40, voire 50 paniers. L’engagement est d’emblée d’une année. L’adhésion à l’AMAP est de 12 euros pour un an. Le prix du panier est fixé, avec les producteurs, à 10 euros... en sachant que ce prix peut être revu si besoin. Il est prévu 8 semaines de « trou », soit 44 livraisons sur l’année débutant et un creux entre le 15 février et le 15 avril. Il est demandé de signer 11 chèques de 40 euros, qui seront débités mois par mois (cela semble plus simple pour le trésorier). Un reçu est transmis à chacun.

Il est demandé aux membres de l’AMAP de venir (dans la mesure du possible et de temps en temps) à des chantiers de désherbage manuel, de repiquage de poireaux, de cueillette de pommes de terre (« à la main, les PdT durent plus longtemps »). Des animations seront organisées 2 fois l’an à la ferme (pique-nique, discussions, visites commentées…). La ferme comporte des animaux mais ils n’entrent pas dans la production.

Rencontre de l’AMAP des Moulins du Littoral Nord, le 29 mars 2009

Contact : Sylvie Benoit-Chieux, présidente. amapdesmoulins@littoralnord.fr

L’AG de l’AMAP des Moulins du Littoral Nord avait eu lieu le matin (renouvellement des abonnements aux paniers livrés à Grande-Synthe). Elle annonçait également la naissance de l’AMAP des Cabris dont l’AG constitutive a eu lieu le 3 avril à la brasserie Thiriez à Esquelbecq. : amapdescabris@littoralnord.fr. Brigitte Luche, Co présidente de TRANSP’ART en CE, Présidente de l’AMAP des Cabris : « La ferme des Cabris est située à Uxem, près de Dunkerque. Les producteurs en sont Béatrice et Guy Vandromme. Leur exploitation et fabrication de fromages de chèvre existent depuis 25 ans, en bio depuis 1999. Ils commercialisent leurs produits en vente directe à la ferme, ils fournissent des restaurants, des magasins sur Hazebrouck, Lille etc. et le marché de Dunkerque. A ce jour à l’AMAP des Cabris plus de 25 familles ont signé un contrat de partenariat pour des " paniers" de fromage de chèvre bio distribués tous les 15 jours (petit ou grand panier) ».

Ces deux AMAP sont membres de Transp’Art en CE (« Citoyens, Artistes et Artisans pour un commerce équitable, écologique et transparent ») qui – entre autres - essaime des AMAP : http://www.transparence.littoralnord.fr/.

Mon arrivée correspond au moment de convivialité (auberge espagnole), suivi d’une visite sur le lieu de production de Véronique et Jean-Luc Bardel, maraîchers installés en contrat avec l’AMAP des Moulins du Littoral Nord. C’est l’occasion de rencontrer Henri Edel, boulanger bio (farines de producteurs locaux bio et circuits courts de distribution), installé à Volckerinckhove le-fournil-d-eco-pain@neuf.fr, également un apiculteur, et de goûter à la nouvelle bière bio de la brasserie Thiriez. La maire de Pitgam prête la salle communale pour les réunions.

Sur le lieu de production du couple Bardel, à deux pas de Pitgam : 2 tunnels, une source et une mare, un container pour le matériel et une ruche d’un amapien (s’occupant par ailleurs d’un rucher école). Le terrain est loué à M. Denis Pot, présent et heureux de ce projet. Il est paysan, adhérant à la Confédération Paysanne, a participé à la marche pour l’obtention d’une terre à Hantay (pour Romuald et l’AMAP des Weppes), ainsi qu’à une mobilisation locale auprès de la SAFER, afin que cette terre aille à cette petite installation en maraîchage bio.

Fresnes-sur-Escaut (au nord de Valenciennes), le 3 avril 2009

Ici l’AMAP est en projet, à l’initiative du maire de la commune, M. Luc Coppin. Celui-ci veut mettre à disposition un terrain appartenant à la municipalité et l’AMAP cherche un producteur. Des initiatives rejoignent ce projet :
- des Jardins Solidaires sont déjà actifs… des jardiniers étaient dans la salle
- la commune a déjà planté des arbres fruitiers dans le cadre de l’opération « Plantons le décor » (essences locales - CRRG)
- le système EPOD – de lutte contre l’obésité - est mis en œuvre (après Laventie et Roubaix).

Le projet AMAP de Fresnes est portée par Cécile Fornasari, institutrice, Daniel Ansart et d’autres habitants, et soutenu par le Parc Naturel Régional de Scarpe-Escaut (Claire Lavaur – Mission Agriculture). L’adresse mail : amapfresnes@gmail.com et un site internet : http://sites.google.com/site/amapfr...

La soirée fait suite à une journée consacrée à l’alimentation destinée plus particulièrement aux enfants des écoles, dans le cadre de la semaine du Développement Durable et du programme municipal EPOD soutenu par le Parc (co-organisation PNR SE – CCAS – municipalité…). Dans cette dynamique on trouve les Jardins Solidaires (double objectif : autoconsommation saine et outil pédagogique pour les écoles) et le projet d’AMAP. Ainsi ce sont toutes les générations qui sont visées par la sensibilisation à un autre rapport à l’alimentation et sa production.

Suite à la projection du film d’Agnès Denis, « Tous comptes fais », portant surtout sur l’écrasement de la paysannerie par la grande distribution, le débat s’enclenche. Interviennent :
- Le maire de Fresnes et Cécile Fornasari
- Un « jardinier solidaire » pour parler de « bonne santé » et de partage grâce aux jardins
- Bernard Coquelle paysan, de la Confédération Paysanne. Il témoigne de son expérience d’agriculteur dans un secteur identique, en bordure de quartiers populaires et il insiste sur la nécessité d’une concertation et de la participation des habitants au projet.
- Yves Spriet qui raconte l’histoire de sa ferme, à laquelle il a trouvé un successeur… non sans mal : elle produisait principalement du chou fleur écoulé via un grossiste de Valenciennes. Celui-ci ayant déposé le bilan avec l’avènement des centrales d’achat, le GAEC a tenté la diversification (autres productions, transformations et vente directe)… Mais rien n’a jamais pu compenser la perte de revenu. Aujourd’hui, un couple et des ouvriers agricoles y ont pris le relais. Invitation les 18 et 19 avril aux journées portes ouvertes de La Ferme du Pas de l’Ayau à Escaupont. M. Spriet reste président des Traits du Nord (chevaux de trait) et propose aux AMAP d’en installer avec formation au guidage dans le maraîchage (hersage après la pluie, etc.) : yves.spriet@orange.fr / 03 27 26 06 89.
- Une représentante de la MJC de Saint-Saulve, où l’on établit un répertoire des fermes de proximité autour de Valenciennes, en s’inscrivant dans la réflexion sur le commerce équitable, y compris de proximité. Claire Lavaur, du PNR SE, transmet des infos sur des films et débats (« La vie moderne » à Saint-Amand, suivi d’un débat avec Terre de Liens. « Nos enfants nous accuseront », à Maulde et à Beuvry, etc.). Elle anime le débat où AVENIR, l’expérience de l’AMAP des Weppes et le système AMAP sont questionnés à la fois par de potentiels consommateurs et par M. Spriet. L’inquiétude du producteur est – comme souvent – celle de la « dépendance du producteur à l’AMAP ».

Quelques problèmes étaient encore à résoudre quant au terrain (autres usages en cours, qualité de la terre) et à la concertation avec les habitants. Depuis, l’AMAP a avancé dans ce sens. Il ne manque plus qu’un porteur de projet d’installation en maraîchage...

La dynamique autour d’un projet d’AMAP à Tressin

Ici l’initiative est d’origines municipale et associative (association de protection de la nature et de la ruralité). Site actuel : http://amapdetressin.unblog.fr. Plusieurs élus de l’équipe municipale sont en démarche, avec Nathalie Constant, adjointe au maire de Villeneuve d’Ascq, chargée des relations avec les agriculteurs de la ville. Ils démarchent des élus, institutions... (LMCU en particulier) pour que des terres soient attribuées à l’installation d’un maraîcher avec les garanties qu’offre le système AMAP.

Cette équipe agit donc à différents niveaux, en intercommunalité, par l’entrée foncière mais au-delà :
- pour la création d’une AMAP à Tressin, avec installation d’une nouvelle exploitation et/ou contractualisation avec un agriculteur en place intéressé par le fait d’évoluer dans le sens de la charte des AMAP.
- pour la création d’un pôle vivrier (avec peut-être une couveuse) dans le Val de Marque… et d’autres AMAP à la clef.
- pour une dynamique de maintien de l’agriculture périurbaine à l’échelle du territoire Est de Lille Métropole.

Le 11 avril 2009, une réunion de bilan a lieu pour faire le point sur toutes les négociations en cours… et rencontrer un couple dont le monsieur désirerait revenir dans le Nord s’installer en maraîchage bio (son métier initial).

L’AMAP de la Pévèle et le CFPPA de Genech-Lesquin

Une visite-chantier sur le lieu de production de Kévin Charnay – qui achalande entre autres l’AMAP de la Pévèle – a permis de rencontrer une formatrice, Marianne Valette mvalette@genechformation.fr et des élèves du BPREA Maraîchage Bio (et hors option bio) de Genech-Lesquin. Ce fut l’occasion d’entendre les motivations des uns et des autres, le degré d’avancement dans leurs projets d’installation (ou non)… et de prendre contact avec un futur maraîcher bio qui devrait s’installer à Cobrieu (entre Genech et la frontière belge) aux alentours de septembre 2009 : Antoine Walbecq. Celui-ci a ainsi été mis en relation avec une AMAP en recherche de producteur : l’AMAP de La Madeleine, puis avec un amapien des Weppes à Lille, habitant Templeuve et porteur d’un projet d’AMAP sur son territoire d’habitation.

Par rapport aux questions foncières

Les terres des CCAS : la Confédération Paysanne NPDC doit rencontrer le maire de Tourcoing, dans le cadre de son mandat de président des CCAS du Nord. L’idée étant de favoriser ouvertement l’attribution de ces terres à des paysans. Confédération Paysanne 59/62 : conf59.62@wanadoo.fr

Lors de notre réunion du 6 avril au CG du Pas-de-Calais, le président de la Commission Agricole s’est dit désolé du fait que les communes font si peu appel au CG pour les questions de foncier. En effet, le CG a droit de préemption sur du foncier pour le maintien de l’agriculture périurbaine, à la demande des collectivités ! Il s’agit d’une loi de 2005… peu connue.

D’après Bernard Coquelle (intervention à Fresnes-sur-Escaut, dans le cadre du projet d’AMAP), une terre doit être prioritairement attribuée à l’installation d’un jeune agriculteur sur une petite ferme. Contrôle des structures, Commission des cumuls… Le Préfet doit veiller à ce que cette règle s’applique et la municipalité doit suivre. Qu’on se le dise !

Laurence Carré pour AVENIR, le 29 avril 2009