A propos de l’accessibilité sociale des AMAP
Dimanche 4 octobre 2009, par // Articles
De plus en plus d’AMAP se posent la question de l’accessibilité sociale de ce système et nous avons déjà présenté quelques pistes envisagées ou expérimentées dans la région NPDC et ailleurs en France. Vous en connaissez peut-être d’autres. Toujours est-il que la question ne semble pas facile : il s’agit de faire en sorte que des personnes à (très) bas revenus, puissent faire partie d’une AMAP et accéder ainsi, en s’engageant dans ce partenariat, à des aliments sains, labellisés Bio ou au moins issus de productions naturelles (cf. Charte des AMAP).
En fait, une mairie a déjà proposé à 4 familles de son CCAS (Centre Communal d’Action Sociale), là où le producteur est installé en AMAP, un panier payé un tiers par le CG, un autre tiers par la commune et le dernier tiers par la famille. Une seule de ces 4 familles s’est réellement montrée intéressée. Les arguments contre étaient multiples. Pour le maire, c’est la déception et l’incompréhension.
L’étude de Sarah Rousseau fut l’occasion d’une première rencontre en septembre 2009 sur « les incidences socio-économiques de la consommation en circuits courts » (paniers), à l’APES (Assemblée Permanente de l’Economie Solidaire) de Lille. D’autres rencontres suivent et l’étude va être accessible. La présentation des résultats de l’étude a permis de réfléchir à ces modes de consommation sous l’angle social. Etaient présents, outre Sarah Rousseau, Jessica Zahoui du Gabnor, Christine Janicki, animatrice au Centre Social de Villeneuve d’Ascq – Pont de Bois, Lan Nguyen, en formation d’assistante sociale et en stage dans ce centre social, Dominique Hays, directeur du Chênelet (maraîchage d’insertion et éco-village d’insertion) et référent administratif pour Terre d’Opale (groupement de producteurs avec système d’abonnement à des paniers), et moi-même (Laurence) pour le système AMAP. Suite à nos discussions et après en avoir également débattu avec Pierre Dubuisson – Projet d’AMAP de Fresnes-sur-Escaut et agent de développement à la CAF de Valenciennes, secteur Denaisis -, il s’avère que l’accessibilité sociale des AMAP ne passe pas seulement par une solidarité sur le prix du panier, mais sur une proximité ou des relais à trouver ou encore d’autres systèmes intermédiaires avant qu’une personne en grandes difficultés sociales et économiques se sente bien en intégrant une AMAP. Point besoin ici d’étaler toutes les hypothèses quant aux freins à l’engagement de ces personnes dans un dispositif AMAP mais simplement une relativisation : d’autres dispositifs existent qui permettent de consommer autrement, d’avoir une autre relation à l’alimentation, aux producteurs, à la terre et aux autres habitants, citoyens, consommateurs, etc.
Christine Janicki et Pierre Dubuisson ont mis en place des écoles de consommateurs, et des groupements d’achat entre familles (dans le Denaisis : légumes et produits laitiers de producteurs locaux).
Je ne saurais trop vous conseiller la lecture du n°371 de la revue Silence (septembre 2009), avec le dossier consacré à « La valse des paniers autour des AMAP »… à savoir aux « cousins des AMAP » : « débrider les imaginaires permet de ne pas s’enfermer dans une formule figée (…). On peut penser que c’est la diversité de ces formes qui fera la force des échanges alternatifs à long terme… afin que tout le monde y trouve son compte, à partir de là où il se trouve dans son cheminement et dans ses priorités. Il y a mille et une manières de court-circuiter les intermédiaires ».
Laurence Carré, 3 octobre 2009